En septembre dernier, Zero Waste Paris lançait un sondage auprès des sympathisant·es résident·es du Grand Paris, afin de recueillir leurs avis quant à la gestion de déchets sur leur commune : plus de 250 personnes ont répondu. Les résultats de cette consultation permettent un éclairage sur les perceptions et pratiques locales.
Les résultats de cette enquête, ainsi que ceux de l’enquête nationale nous ont permis de faire ressortir 7 revendications dans le cadre des élections municipales, afin de répondre aux demandes légitimes des Franciliens et Franciliennes.
Un service de gestion des déchets jugé globalement satisfaisant, mais un manque d’information persistant
Si une majorité de répondant·es estime la gestion des déchets globalement satisfaisante dans leur commune, beaucoup déclarent manquer d’informations sur le tri des biodéchets : 27,4 % se disent peu informé·es et 14,4 % pas du tout informé·es.
Seule la moitié (55,1 %) utilise effectivement les dispositifs existants. Les principaux freins évoqués par les non-utilisateurs sont l’absence de matériel adapté (bio-seaux, sacs compostables…), le manque de solution ou d’information, les contraintes pratiques (absence de point d’apport volontaire sur le trajet quotidien, sacs compostables jugés peu fiables…) ou encore un sentiment d’inefficacité (bacs pollués par d’autres déchets ou toujours remplis).
Cependant, certains dispositifs restent insuffisants dans l’espace public et les commerces
57,4 % des répondant.es estiment l’accès aux poubelles de tri dans l’espace public insuffisant.
Interrogé·es sur la gestion des déchets dans les événements organisés dans l’espace public, près de la moitié des répondant·es considère que leur commune « pourrait faire mieux » et 23,6 % la jugent même très mal assurée.
L’offre de contenants consignés ou réemployables dans les commerces apparaît également très limitée : 55,9 % des répondant·es la jugent très rare, 25,1 % n’en ont jamais vu, et seuls 19 % observent une offre régulière. Pourtant, la demande est forte : 93,5 % souhaitent que leur commune développe les contenants réutilisables dans les commerces, et pour 41,4 %, il s’agit d’une priorité.
Des résultats en cohérence avec ceux des autres régions
Ces constats rejoignent ceux des 18 autres groupes locaux du réseau Zero Waste, qui ont mené une enquête similaire entre le 1er juillet et le 1er décembre 2025. Au total, ce sont 2 068 citoyennes et citoyens, réparti⸱es dans 10 régions métropolitaines et 1 territoire ultramarin, qui ont été interrogé·es pour mieux comprendre leurs attentes en matière de gestion et de prévention des déchets.
Les résultats consolidés, disponibles sur le site de Zero Waste France, sont sans équivoque : dans tous les territoires, les Françaises et les Français attendent des candidat·es aux municipales qu’ils et elles s’engagent clairement pour la réduction des déchets. Ils souhaitent des solutions concrètes, simples et efficaces, et se déclarent prêt⸱es à faire évoluer leurs pratiques si les communes mettent en place des mesures adaptées.
Les principaux enseignements au niveau national :
- Une appréciation globalement moyenne du service public avec une note moyenne de 3,28/5, très peu d’excellentes évaluations et une part notable d’habitant·es sans avis clair.
- Un manque de connaissance sur le traitement et les coûts : 58,6 % ne savent pas où ni comment leurs déchets sont traités ; 85,3 % manquent d’informations sur le coût réel de la gestion des déchets, mais souhaitent en savoir davantage.
- Une forte attente autour d’une tarification plus juste : 62,7 % sont favorables à une tarification incitative, et donc à une facturation en fonction de la quantité de déchets produite, associée à des solutions permettant aux citoyen·nes de réduire leurs déchets.
- Une volonté affirmée de sortir du tout-jetable : 89,8 % souhaitent le développement des contenants consignés dans les commerces ; 82 % veulent de la vaisselle réemployable lors des événements organisés par leur commune.
- Un potentiel d’adhésion important au tri des biodéchets, mais freiné par le manque d’information et d’accès : 22 % des personnes interrogées ne connaissent pas les dispositifs existants sur leur territoire, et 36,8 % n’ont pas de solution de tri à proximité. Parmi celles et ceux qui estiment avoir un accès insuffisant ou inexistant à une solution de tri/compostage des déchets alimentaires, 88,8 % se disent pourtant intéressé·es par ces solutions.
Conclusion
Les résultats — à Paris comme dans les autres régions — mettent en évidence les mêmes dynamiques de fond. En région parisienne, les attentes sont plus fortes et les frustrations plus marquées, mais les tendances observées se retrouvent dans l’ensemble des autres territoires, de manière un peu moins prononcée. Partout, les citoyen·nes expriment :
- un manque d’information sur le tri et les dispositifs existants,
- des difficultés d’accès aux solutions de tri, en particulier pour les biodéchets,
- une demande massive de réemploi et de contenants consignés,
- une réelle volonté de changer leurs pratiques si les communes s’engagent,
- des attentes élevées envers les municipalités.
Partout, les citoyen·nes sont prêts à agir : ce sont les communes qui doivent rattraper leur retard.
En régions ou dans la capitale, les résultats témoignent d’une maturité citoyenne indéniable sur ces sujets et d’une demande d’action publique plus ambitieuse en matière de réduction des déchets et les municipales 2026 représentent une occasion majeure pour les communes de répondre à ces attentes.

